
Etroitement liée au vieillissement de la population et à l’allongement de la durée moyenne de vie, la maladie d’Alzheimer est la cause principale de dépendance du sujet âgé et devrait continuer à progresser dans les prochaines années.
Aujourd’hui, 860 000 personnes en souffrent, et le corps médical estime que 1 300 000 personnes seront touchées à l’horizon 2015.
La maladie d’Alzheimer et les troubles apparentés ont des conséquences lourdes sur la vie quotidienne des patients et de leur entourage : besoins médico-sociaux importants, difficultés en matière d’emploi, de logement et de transports, désagrégation des relations affectives, perte progressive du lien social. Il s’agit-là d’une évolution invalidante qui, à terme, conduit le malade en centre spécialisé et confine les aidants dans un espace isolé et restrictif de soins quotidiens.
Conscient
que la lutte contre cette maladie et l’aide qu’il est indispensable d’apporter
aux patients ainsi qu’à leur entourage devaient être érigées en cause nationale
de santé publique, le Président de la République a, dès sa prise de fonction,
confirmé son engagement en faveur du lancement d’un plan national pour la prise
en charge de la maladie d’Alzheimer et des troubles apparentés.
Ce plan, présenté en novembre 2007, est entré en vigueur le 1er janvier 2008 et couvrira la période 2008-2012. Succédant aux premiers plans mis en place en 2001 et 2004, il définit trois axes prioritaires qui placent le malade et les familles au cœur des préoccupations tout en renforçant les actions de recherche :
- Améliorer la prise en charge des patients et l’aide aux familles, sachant que la grande majorité des malades vit à domicile
- Développer la recherche médicale : connaître pour mieux agir
- Se
mobiliser pour un enjeu de société : informer et sensibiliser les
citoyens, promouvoir une réflexion et une démarche éthique, faire de la maladie
d’Alzheimer une priorité européenne.
Le Sénateur Maire de Marseille, Jean Claude Gaudin, a toujours été sensible aux questions de santé publique et a toujours affirmé la volonté de la ville de Marseille de s’inscrire dans les grands enjeux nationaux. La municipalité, comme elle l’a fait en 1995 dans le cadre de la prévention et de la gestion des risques dans le domaine de la toxicomanie et du sida, a voulu se donner les moyens de coller une fois de plus aux enjeux nationaux.
Il réaffirme ainsi l’implication de sa politique tournée essentiellement vers la qualité de vie et le soutien, au quotidien, des marseillais par la création d’une nouvelle délégation chargée de la mise en œuvre du plan Alzheimer sous la responsabilité de l’adjoint au maire, le Docteur Patrick Padovani.

Consciente de son rôle pour faire progresser cette cause majeure, la Ville de Marseille a décidé de conduire un programme d’actions qui, au plus près des orientations du plan national, s’attachera à remplir sa mission de proximité et répondre aux préoccupations des Marseillais.
Les objectifs du Plan Alzheimer que la Ville de Marseille souhaite mettre en place sont les suivants :
- Décliner le plan national en partenariat constant avec le tissu associatif et institutionnel existant
- Coordonner et mutualiser les expériences et les réalisations de chacun
- Optimiser les possibilités de prise en charge temporaire des patients, en apportant ainsi un secours aux aidants
- Informer les familles sur l’évolution des réponses sociales et médicales apportées aux problématiques de soutien des patients et des aidant
- Développer les outils de prévention
- Rassurer
les populations non encore concernées en faisant connaître les évolutions
médicales et les progrès accomplis dans la prise en charge quotidienne des
difficultés des patients et des aidants.
Ainsi définie, l’action de la municipalité ouvre les pistes de travail et de réalisations concrètes qu’elle s’efforcera de développer avec l’ensemble des partenaires concernés par toutes les thématiques du plan national.
Parmi ces projets, la Ville de Marseille peut dès à présent, annoncer l’ouverture d’un accueil temporaire sécurisé d’animations spécifiquement adaptées aux déficients cognitifs déjà en rupture avec le lien social. Cette première expérience débutera courant du mois de novembre dans les centres municipaux d’animation de la Mairie du 3ème Secteur (4ième et 5ième arrondissement), en accord avec le Maire, Monsieur Bruno GILLES, et en étant parfaitement intégrés dans l’environnement sanitaire et médico-social existant, pour une réorientation adaptée des malades et des aidants.
Pour la mise en place de cette action, des agents volontaires ont reçu une formation spécifique qui leur permettra d’appréhender ce public d’une manière adaptée tout en conservant le cadre des animations traditionnelles.
Par la singularité de son organisation, ce nouveau service offert aux Marseillais vise à faciliter la demande d’aide des patients et de leur entourage : l’un comme l’autre franchiront sans doute plus facilement le cap de cette demande d’aide s’ils peuvent se diriger vers une structure d’animation et sans sentir le poids, lors du premier contact, de la médicalisation. Espace de transition, cet accueil de jour évitera, nous l’espérons, une perte du lien social, et permettra aux aidants de trouver une écoute et de se ressourcer.
Ces structures seront amenées à se développer dans d’autres secteurs de la ville en partenariat toujours très étroit avec l’ensemble des partenaires associatifs et institutionnels locaux.
Au-delà de cette prise en charge de proximité, l’action d’information et de coordination des structures en place, sera notre second pilier du plan ; il se concrétisera par la mise en place d’outils de communication, par le soutien aux actions innovantes, par l’appui de la municipalité au développement des moteurs de recherche fondamentale que sont nos services hospitaliers de l’Assistante Publique de Marseille.

Enfin,
il sera important très rapidement
d’engager une réflexion qui doit permettre des échanges non seulement au-delà
de la Commune mais également sur le plan international. Comme dans bon nombre
de domaines, Marseille saura s’affirmer ici encore, comme un carrefour d’idées
et d’échanges en lien avec les autres villes du bassin méditerranéen. Elle
saura créer les bases de ce que nous pourrons définir comme « les villes
en marche contre la maladie d’Alzheimer ».










